Un an après le lancement de l’Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) de l’ARS, la Mutualité française Auvergne-Rhône-Alpes a pu démontrer la force de son ancrage territorial à travers un bilan d’action particulièrement probant. Grâce à la mobilisation du réseau mutualiste et à l’implication constante de ses équipes, ce partenaire majeur a su positionner le carnet de santé numérique comme un levier central de la coordination des parcours de soins au cœur de notre région.
Des indicateurs de performance supérieurs aux cibles initiales
Au terme des douze mois de sensibilisation à Mon espace santé, la forte mobilisation et l’allocation de fonds propres complémentaires ont permis de dépasser significativement les objectifs prévus dans le projet conventionné avec l’ARS :
1.Volume global : 36 580 usagers touchés (soit une progression de 24 % par rapport à la cible).
2.Sensibilisation de premier niveau : 35 064 citoyens informés via des canaux de communication de grande envergure (publi-reportages au sein du magazine Ma Santé en AURA, campagnes d’e-mailing ciblées et relais sur les réseaux institutionnels).

3.Accompagnement de proximité : 1 417 personnes sensibilisées de manière approfondie lors d’ateliers thématiques, de stands d’information et de sessions de formation en présentiel.
« La phase d’amorçage a nécessité un effort pédagogique important pour démontrer la valeur ajoutée d’un dispositif tel que Mon espace santé, se rappelle Alix Brocard-Cressier, chargée de mission à la Mutualité Française. Mais une fois cette appropriation culturelle acquise, la dynamique territoriale s’est accélérée, générant un effet d’entraînement auprès des différentes structures. »
Trois initiatives territoriales structurantes
La mise en œuvre opérationnelle s’est distinguée par la co-construction de cas d’usage concrets, adaptés aux spécificités des publics cibles.
Trois actions illustrent la pertinence de cette approche :
1. L’ancrage en milieu hospitalier : Clinique Mutualiste de Saint-Étienne
En septembre 2025, une action conjointe menée avec la CPAM de la Loire et le GCS SARA a permis de déployer un dispositif d’accompagnement global au sein de l’établissement. Cette intervention a articulé la formation préalable des secrétaires médicales et des représentants des usagers (RU) avec l’animation d’un espace d’information à destination des patients. En insérant un « kit patient » avec son mémo d’activation directement dans les pochettes de pré-admission de la clinique, la MfARA a pérennisé l’impact de l’animation bien au-delà de la simple rencontre sur le stand.
2. Le relais partenarial à grande échelle : Radiance Mutuelle
Afin de maximiser la visibilité du dispositif, des interventions conjointes avec l’Assurance Maladie ont été intégrées aux ordres du jour des Assemblées Générales. Cette collaboration a abouti à la création d’un Kit de Communication Digitale, matérialisé par une campagne d’e-mailing direct auprès de 6 000 adhérents et par la montée en compétences des conseillers en agence.
3. L’accessibilité au cœur des actions de prévention : « Vieillir à sa façon » à Thonon-les-Bains
À l’occasion de rassemblements dédiés aux seniors et aux proches aidants, les équipes de prévention ont investi l’espace public. Pour pallier les contraintes techniques liées à la connectivité sur site, les intervenants ont développé une ingénierie pédagogique alternative, s’appuyant sur des fiches « Persona » et un guide d’activation pas-à-pas, favorisant une démarche d’inscription autonome à domicile.
Retours d’expérience et enseignements stratégiques
L’ évaluation de cette année d’expérimentation met en lumière plusieurs axes d’apprentissage pour la gouvernance des projets numériques en santé :
1. La primauté des actions de contact direct : les formats exclusivement descendants ou virtuels (webinaires grand public) présentent des limites en matière de mobilisation spontanée. À l’inverse, l’adossement de séquences d’information « Mon espace santé » en conclusion d’ateliers de prévention physiques existants (Santé environnement, Bien vieillir) a permis de capter un public qualifié de près de 600 personnes.
2.L’accompagnement au long cours des ambassadeurs : bien que les sessions de formation à destination des élus mutualistes aient été capitalisées positivement, le sentiment de légitimité technique reste hétérogène pour l’animation autonome des espaces d’information. La pérennisation de leur rôle nécessite un étayage méthodologique prolongé.
« Si la connaissance de Mon espace santé était acquise à titre individuel, rappelle une élue de la Mutualité Française dans le Puy-de-Dôme, la session de formation dispensée par l’équipe régionale de la Mutualité a permis de mesurer l’ensemble des fonctionnalités de la plateforme, notamment le profil médical et les rappels de prévention. Ces compétences techniques consolidées permettent désormais d’intégrer la promotion de l’outil dans nos actions sectorielles relatives à la santé mentale. »